Vie intérieure et ''vie extérieure'' tout au long de la biographie
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Vie intérieure et ''vie extérieure'' tout au long de la biographie
L'Intérieur et l'Extérieur tou au long de la vie - 1ère partie
 
L’évolution de chaque être humain durant son parcours de vie est notamment le fruit d’un jeu entre l’Extérieur et l’Intérieur. Dans le cadre des textes courts ajoutés au fil des mois dans ce site, voici aujourd’hui un ensemble de réflexions sur ce thème, cette fois-ci pour la période de la petite enfance et de l’enfance.

Merci pour vos commentaires, vos questions ou vos ajouts.


L’enfant, et encore davantage le tout petit enfant, est naturellement ouvert à ce qui lui vient de l’extérieur. C’est bien sûr de là qu’il reçoit tous les soins dont il a besoin et qu’il ne peut pas se donner à lui-même. Tout ce qui appartient à l’hérédité, que l’héritage soit physique, psychique ou culturel, joue aussi un très grand rôle. Le milieu social, les conditions de vie ainsi que l’éducation donnée par les parents et la famille apportent ensuite des influences majeures. Idem pour l’enseignement scolaire. Au fil des années, c’est cet extérieur qui participe à faire grandir l’enfant et à le former.
 
Mais de quelle façon l’extérieur agit-il ?
Plus l’enfant est jeune et moins son intériorité propre est constituée. Il est donc comme porté ou régi par tout ce qui l’entoure. Et tout est actif, chaque élément joue un certain rôle. Comment ? Pour donner une première correspondance, disons que cela se passe un peu comme avec les mécanismes inconscients du langage non-verbal. Dans la vie courante, lorsque deux personnes se rencontrent, avant même que le premier mot n’ait été prononcé, les choix de vêtements, les regards, les positions du corps, les pensées de chacun, etc ont déjà eu un très fort impact sur la situation et les comportements. Ce phénomène invisible se poursuit ensuite au cours de la conversation. Ce que l’enfant reçoit lui parvient un peu de cette façon, en toute inconscience. Et cette inconscience infantile[1], si elle est vécue intensément et en toute sécurité participe à la bonne réception des influences extérieures.
 
Mais ces influences et ces forces extérieures ne sont tout de même pas le fruit de la magie ?
En fait, nul ne sait au fond par quels mécanismes d’apprentissage les enfants s’approprient des habiletés aussi hautement complexes que la marche ou le langage par exemple. Les ’’bonnes fées ou les anges gardiens’’ qui offrent ces bienfaits et d’autres encore ont besoin qu’une condition primordiale soit remplie : la présence d’humains. En effet, un enfant sauvage privé d’un entourage humain ne marchera ni ne parlera. C’est donc bien via les êtres et l’environnement créé par la société que ces apprentissages de haut niveau ont lieu. Mais ceux-ci ne sont en aucun cas le résultat de leçons ou de conseils avisés[2]. Les forces spirituelles bienfaitrices agissantes que nous évoquons vivent en fait au niveau profond des intentions des adultes. Pour résumer disons que, dans ce contexte, il est donc fructueux que les enfants gardent leur conscience d’enfants et que les proches soient les meilleurs humains possibles. Chaque adulte qui côtoie des enfants ressent confusément cette nécessité au fond de lui…
 
Mais avant de poursuivre nos réflexions sur ces processus, posons-nous la question suivante : si tout vient de l’extérieur comme nous l’avons décrit, alors pourquoi les frères et sœurs, même les jumeaux, restent-ils si différents ? Parce que manifestement, dès la naissance, face à ces énormes influences externes, il existe en chaque enfant une part individuelle, agissant depuis l’intérieur. C’est cette présence bien particulière que l’on pressent quand on croise les yeux dans les yeux le regard attentif, calme et confiant d’un enfant. Mais, nous l’avons vu, cette présence n’est pas conscience pour autant. La conscience elle, est portée de fait à la place de l’enfant par ses parents ou son entourage. Cette présence en l’enfant est donc davantage une promesse qu’un ’’organe’’ achevé. Pour les enfants en bonne santé, elle est comme un germe[3] de ce qui va éclore puis grandir pour devenir mature autour de la quarantaine et au-delà. C’est une entité[4] capable d’être une sorte de pilote intérieur, à l’œuvre très tôt dans la vie. Et les enfants en ont grand besoin car ils n’ont que peu d’instinct et ne sont donc pas totalement déterminés par leur espèce comme les animaux. Sans cette entité propre au fond d’eux-mêmes comment choisiraient-il dans l’ensemble des influences qu’ils reçoivent de l’extérieur ? Comment sauraient-ils ce qu’ils doivent prendre ou laisser, ce qui est attirant pour eux et ce qui ne l’est pas, etc ?
 
Mais alors, si durant le jeune âge chaque enfant n’a en lui qu’une petite partie de cette entité, où est l’autre partie ?
On pourrait dire qu’elle est encore ’’à l’extérieur’’. Et c’est principalement aux parents et à l’entourage de se charger pendant un certain temps de cette part à la place de l’enfant. Ainsi, inconscience et présence à l’intérieur et conscience et intentions à l’extérieur sont comme connectées pour former un tout. Ce lien est manifeste dans les premières années entre la maman et son bébé.
Ce pilote en l’enfant peut d’autant mieux jouer son rôle de guide pour une croissance harmonieuse que son pendant extérieur est tissé, même si c’est parfois de façon maladroite, d’amour, de bienveillance et de chaleur. Ces qualités, si elles vivent de façon sincère et forte au sein des intentions des parents, sont en fait la manifestation de leur acceptation de ce rôle de porteur temporaire. Les éducateurs eux aussi acceptent ce rôle dans un autre contexte. En fait, soyons-en conscients, toutes celles et ceux qui sont en contact direct et même indirect avec les enfants sont aussi, au niveau de leurs intentions, des co-porteurs potentiels d’une partie, grande ou petite, de leur être en devenir[5]. Pour l’enfant, vivre cette certitude que l’extérieur l’accepte – dans le sens profond que nous venons de décrire – est la condition d’un développement sain.
 
Pour s’en persuader il suffit d’imaginer ce qui se passe en cas de mauvais traitements. Quelle souffrance et quel désarroi sont alors ressentis par un enfant qui constate, même dans sa conscience puérile, qu’une part de lui-même ne trouve pas de place sur terre. En tant qu’enfant ne pas vivre la certitude que son humanité en devenir est bien co-portée d’une façon ou d’une autre peut entrainer des carences et de graves conséquences pour toute la vie. Pour celles et ceux qui ont eu ce type d’enfance, le retour à une certaine normalité reste cependant possible à travers ce qu’on appelle la résilience[6] : il s’agit alors notamment pour eux de parvenir à se trouver des parents de substitution voire des êtres imaginaires jouant ce rôle. Ces enfants ou ces jeunes adultes ’’cabossés’’ se persuadent alors que ceux-ci portent ou ont porté cette autre partie de leur être. Dans leur quête certaines rencontres, même brèves, peuvent aussi quelquefois être déterminantes. Il arrive quelquefois que les personnes qui ont dû suivre ce chemin difficile parviennent à incarner à l’âge adulte davantage d’humanité encore que le commun des mortels. Elles peuvent même devenir au sein de la société des porteurs et des appuis pour un grand nombre de déshérités dans ce domaine.
 
En tant qu’adulte, ces considérations nous encouragent à aiguiser notre conscience, à être vigilants quant à nos intentions[7] et à rester attentif à l’interaction Extérieur/Intérieur tout au long de notre vie.
La réflexion sur ce thème continue… Nous verrons dans un prochain article comment cette interaction évolue dans la suite du parcours biographique.


[1] Elle est le total inverse de la conscience mentale des adultes.
[2] Il est évident que les parents n’apprennent pas à leurs enfants comment ils doivent marcher ou parler.
[3] Ce germe en chacun est le plus grand trésor qui puisse exister.
[4] Dans ’’Les âges de la vie humaine’’ nous avons appelé cette entité le Moi et nous avons essayé de décrire son cheminement et ses métamorphoses tout au long de la vie.
[5] C’est le cas par exemple des concepteurs de jouets, des instances nationales ou locales chargées de l’éducation, des programmateurs d’émission de télévision, etc, etc...
[6] Concept psychologique moderne développé notamment par Boris Cyrulnik.
[7] Voir JLS Accompagnements pour, notamment, apprendre comment progresser dans les domaines personnel et professionnel à travers certaines techniques et en travaillant sur soi au niveau de ses intentions.


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